(Neko, une parenthèse...)
Venus de Chine, les premiers chats domestiques seraient arrivés au Japon au VIème siècle, introduits en même temps que le Bouddhisme, car ils étaient utilisés pour préserver les textes sacrés des rongeurs… Sa valeur le désigne pour être offert aux princes et princesses du Japon impérial. L’empereur Uda (867-931) livre dans son journal une description élogieuse de son chat noir, auquel il attribue une spiritualité certaine, ainsi que le pouvoir d’éloigner les maladies.
Il devient peu à peu un animal de compagnie rêvé et apparait rapidement dans la littérature. Qu’il s’agisse de Murasaki Shikibu dans le Dit du Genji ou de Sei Shonagon dans Notes de chevet, les deux Dames de la cour, écrivaines, font figurer le chat comme l’animal préféré des femmes de la noblesse. Choyé et gâté, on le promène en laisse avec son petit tissu rouge en guise de collier. Il est, dans le même temps, un partenaire indispensable pour chasser les rongeurs dans les villes.
Personnage de roman, il prend également une place de choix dans le bestiaire des représentations picturales. Animal parmi les plus prisés des peintres, il apparaît de bien des façons dans l’art de l’estampe japonaise.
Le chat est aussi une figure symbolique, synonyme de douceur ou d’espièglerie. Il accompagne souvent les images féminines comme les courtisanes dans des estampes d’Utamaro où sa présence accentue une sensation ludique et légère. Représenté par des figurines levant une patte en signe de bienvenue, il devient porte-bonheur dans tout l’archipel, c’est le fameux Maneki neko.
Mais il peut aussi être l’image de la cruauté, devenant monstre ou vampire. Pendant sombre du Maneki neko, c’est le Bakeneko qui effraie dans les histoires populaires du folklore ou dans les pièces du théâtre Kabuki. Le Bakeneko est un yôkai (esprit du folklore japonais), qui ressemble à un chat avec une longue queue. Ce « chat-monstre » possède plusieurs pouvoirs : il peut marcher sur deux pattes, parler, se transformer et même ressusciter les morts. Dans le pire des cas, ce chat pourrait aussi tuer son maître pour prendre le contrôle du foyer. À l’instar du Maneki Neko, ce chat maléfique est né à l’époque Edo, lorsque que les chats permettaient de chasser les souris. Cette superstition a eu plusieurs répercussions. La première sera qu’on va couper la queue des chatons pour que ces derniers ne se transforment pas en yôkai en grandissant. Une caractéristique qui est à l’origine de la mode des chats à queue courte comme les bobtail. La seconde est qu’on ne laisse jamais un chat s’approcher d’un mort, sous peine que ce dernier ne ressuscite.



















